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 Neils Jacobsen [underco]

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Neils Jacobsen
_ESPRIT

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Messages : 11
Points : 10
Age réel : 26
Participer à l'Intrigue ? : Oui


__ INFORMATIONS// & RPG

 Maladie psychiatrique 
: Psychopathie / Sociopathie
 Rôle au sein de l'asile : Le monstre sous ton lit !
 Âge du personnage : 28 ans

MessageSujet: Neils Jacobsen [underco]   Dim 9 Jan - 2:06

DAMN ME
Je suis le noir, le sombre, collé à toi ton ombre. Je suis l’aboutissement de ta vie. La fin, le trou de ta tombe. Je suis ton pire ennemi, le cauchemar de ta vie, le temps qui passe et qui sourit devant ton agonie. En fait, le but de ma quête est de créer des tempêtes. Dans les profondeurs de ton être, je suis ton maître, le seul prophète. Viens lire dans mes tablettes. Tu seras mon adepte, alors accepte, et devant moi baisse la tête. Je suis un dieu qui dort dans les catacombes. Mon réveil sera furieux, tu verras comme je suis immonde. Maintenant ne perds plus ton temps. Va mon enfant, du pouvoir des ombres rejoint les rangs. Je suis le mal, l’impur, le maître de la luxure. L’avarice et le sexe sont les piliers de ma culture. Alors sois sûr, je serai vraiment dur, car telle est ma nature. M’opposer de toute ma haine contre les âmes pures, les hommes, les femmes, les enfants, à tous les opposants du pouvoir des ombres qui s’abat sur la terre maintenant. Un mauvais Dieu - Manau.


J'essaye de me concentrer, de garder mon calme. C'est difficile. J'ai envie de rire. De hurler. Je me sens ivre, dans un état d'euphorie incontrôlable. Je n'ai aucune patience dans ce genre de situation. J'ai le sentiment que ma tête va exploser et tapisser le mur de mon sang royal, en admettant qu'il m'en reste encore. Je ris. Je jubile. J'ai envie de cracher à la figure de cette fille, de ternir son excellence trop parfaite et de lui rire au nez avec la grossièreté d'un ivrogne. J'ébauche un sourire indécent, dans mes prunelles danse la curiosité. Je la reluque sans circonspection, sans pudeur, j'endosse le rôle du type abject, puant et ignominieux. Je le fais exprès et j'aime ça. J'ai besoin de beugler, chanter, criailler, gueuler, hurler, pleurer, vociférer. Je suis à la fois dans un état de confusion et de pure jouissance. Dans ma tête tout perd son sens. Je suis à moitié étalé sur le bureau de la secrétaire, la toisant d'un regard fiévreux et suppliant, je sollicite implicitement ses bonnes faveurs. Jusqu'à ce que sa voix criarde et amère vienne flageller mes tympans. C'est comme un violent coup de tambour qui vous redresse la colonne vertébrale et dont la détonation vous fait perdre vos moyens rapidement et efficacement. D'abord dans un état de panique excessive, je reprends lentement mon calme. Elle me parle. Je ne l'écoute qu'à moitié. Mon visage est totalement livide, mon teint cireux fait peine à voir. C'est le néant dans ce qu'il reste de ma tête. En l'espace de quelques secondes, je suis passé d'un état de béatitude démesurée à un mutisme exagéré. Je suis ridicule. Sans doute n'en ai-je pas conscience. Je réprime l'esquisse d'un sourire avant de grimacer avec puérilité. Je gesticule. Je suis intenable.

« Tenez. »

Je ris. Je jubile.


Everything is not what it seems.
SADISTIC DESIRE
Je vais hurler ma rage. Détruire tout ce qui se trouve autour de moi. Cogner dans les murs. Pleurer ton absence. Chanter ma peine. Survivre au lieu de vivre. Vomir ma honte. Cracher sur la face des gens. Perdre mon sourire. Anéantir ma force. Mutiler mon corps. Vivre la nuit. Travailler ma hargne. Oublier le bonheur. Effacer mes souvenirs. Courir vers la liberté. Arrêter de souffrir. Puis enfin je crèverai au combat.

Le 6 juin 1882 a marqué mon arrivée parmi les vivants. Je ne sais pas où je suis né. Je ne suis personne. Je ne suis rien. Je suis Neils, juste Neils. Un moustique insignifiant à l'échelle de la planète. Une misérable créature sans ambition, sans aboutissement. Mon existence se résume à une sorte de tâche informe. Je ne me suis jamais intéressé à mes études. Je ne dispose d'aucune culture. Je suis un parasite social. Je suis voué à tout rater depuis le début. Pourtant, un événement essentiel m'a fait croire que le contraire était possible, pendant si longtemps. C'est aussi ce qui m'a anéanti définitivement.
« Tout est fini, Neils.
Cynthia. »
Je n'aurais jamais pensé qu'une succession de trois inoffensifs mots puisse altérer totalement le cours d'une vie. Cette vie qui s'est réservé le droit de me détruire, moi, et l'édifice de mon existence que j'avais mis tant d'années à bâtir de la force de mes bras venait de s'écrouler sous mes yeux comme un vulgaire jeu de domino. La vie elle-même n'était qu'un jeu. Je pensais que tout était définitivement terminé alors que les dés que j'avais lancé depuis si longtemps n'étaient toujours pas retombés. Mon cœur s'émiettait petit à petit, se consumait au fur et à mesure que le bout de papier flambait sous mes yeux. Je désirais par dessus tout que cette lettre n'ait jamais existé. Que ces mots n'aient jamais été écrits ni pensés. Je voulais que toute cette machination cesse. Que cette vie s'arrête là ou même qu'elle n'ait jamais commencé. Cette vie, je la détestais. Sale chienne de Satan.
Je ne suis personne. Je ne suis rien. Je suis Neils, juste Neils.



Yesterday I died, tomorrow's bleeding.
SILENT JEALOUSY

Coucou mon petit Neils, sale petite merde ! Alors, aurais-tu oublié à quel point tu es minable ? Sale pouilleux. Ridicule calamité. Ton existence m'inspire le dégoût, ton identité m'est agaçante. Ce n'est pas moi, cette chose. Ce corps ridiculement décharné n'est pas le mien. Je ne le veux pas. J'ai voulu m'extirper de cette prison de chair et le feu a fait le travail pour moi. Et aujourd'hui j'ai la sensation d'être plus désastreux que je ne l'ai été de mon vivant. D'une certaine façon, je suis séduit par cette perspective.
On peut dire que je suis le parfait archétype du pauvre type qui a raté sa vie. Je représente la misère et l'accablement, et mon cerveau torturé ne m'a jamais permis de voir plus loin que le bout de mon nez. Je suis aveugle. Pas physiquement. Je vois très bien vos visages, vos traits affaissés lorsque mon regard dépité se porte sur votre personne. Mais je n'ai jamais su regarder plus loin que les apparences. Je suis une piteuse caricature de l'espèce humaine, je n'ai jamais eu la prétention d'avoir été créé à l'image de Dieu. Je ne suis pas comme vous. Je ne suis pas votre semblable. Vous le savez et vous en riez. Et j'attends silencieusement sans rien dire le moment où se présentera à moi l'occasion de vous détruire, vous et votre saleté de bonheur superficiel. Je suis terriblement jaloux. Je vous hais. Je ne supporte pas votre sourire qui m'évoque une joie pure et simple qui ne m'a jamais été donnée. Cette haine qui s'immisce en moi par tous les pores de ma peau, elle me déchire le ventre, m'étouffe, me suffoque, me transperce les veines, fait dégouliner l'adrénaline dans mon dos. Triste cheminement tortueux. Elle trace son chemin sur ma colonne vertébrale, me parcourant de frémissements, de convulsions. Mon esprit vacille. Mon corps se crispe. C'est toujours la même suite d'éclaboussures, on se prend tout dans la gueule alors qu'on a juste innocemment cherché à aimer et à être aimé. Je déteste l'amour. Je déteste l'affection. Je ne supporte plus les sentiments humains. Ils me révulsent et provoquent en moi une rage corrosive que je suis incapable de retenir. Sans doute suis-je resté foncièrement avide de destruction même après tout ce temps. Je n'ai jamais accepté la douleur et voilà où j'en suis arrivé. Je suis le mal, l'impureté, l'épouvante et je me plais à vous détruire, par regret. Ma vie n'a pas marché comme je le souhaitais, alors je m'acharne sur vous pour que vous compreniez ce que cela fait. C'est douloureux n'est-ce pas ? Je n'ai pas eu la vie dont je rêvais, alors j'ai décidé de décimer la votre. Je suis un être repoussant. L'obscurité personnifiée. Je vous souris avec cet air dément, et cela vous effraie. C'est jouissif, orgasmique, cela devient si attractif que l'on n'arrive plus à s'en passer, c'est comme une drogue, une injection d'héroïne qui vous défonce toute votre raison en échange d'une très appétissante jouissance. C'est votre existence contre la sienne. On peut dire que le pari est intéressant. Il aurait pu l'être. Mais rien ne sert de croire aux bonnes choses, la vie est une arnaque qui vous baise forcément à un moment ou à un autre.
Je ne suis pas ennuyeux, mon encre est juste noire. Je comporte une centaine de paradoxes, plus aberrants les uns que les autres, tous rangés dans ma tête dans le désordre et dans l'anarchie la plus totale. Mes veines sont parcourues en permanence d'une colère explosive, et en vous écrivant ces quelques lignes, mouillées d'encre et de mon sang, ma plume se compresse contre le papier, le déchire, le perfore. D'un mouvement saccadé, j'écrase la plume sur la feuille désormais froissée, maculée de tâches d'encre ensanglantée qui entrecoupent mes mots. Un sourire de démence anime mon visage. Je suis heureux. Je suis fou. Qualifiez-moi comme vous le voulez, sachez cependant que je suis loin de représenter l'incarnation de Lucifer. Malgré mon déséquilibre, il semblerait que je sois naïf et aisément manipulable. Il est vrai que la cruauté l'a emporté sur ma raison, tellement que j'ai perdu toute notion de doute et de soupçon. Je me contente de haïr. Haïr les gens de tout mon être. C'est probablement ma seule solution pour ne pas me faire berner. Toujours est-il que je reste le fidèle toutou obéissant de mon maître : le Vice. Une mauvaise personnalité en détraquement constant. Je ris. Je jubile, même. Je ne sais plus ce qu'est la peur. Je suis votre hantise, je me délecte de votre couardise, mes yeux roulant dans leur orbite avec un air d'exaspération.
Moi, cruel ? Je suis trop modeste pour le reconnaître. Je ne peux que conjecturer la possibilité que je le sois. Je ne suis pas franchement un être calculateur, malgré la domination immuable que mon esprit tordu exerce sur vous. Je ne peux pas penser en ligne droite. Mon âme dérive, je perds constamment le fil de ma raison. Ma personnalité inflexible n'a de cesse de vous surprendre, autant qu'elle a le don de me prendre au dépourvu. Moi-même je ne me comprends pas. Suis-je fou ? Quoi qu'il arrive, on n'a jamais accordé la moindre crédibilité à un aliéné. Me croirez-vous donc, mademoiselle la secrétaire ?


Je suis le monstre caché sous votre lit, celui qui se plait à vous effrayer, à vous hanter. Je suis la laideur et la disgrâce. Celui que vous ne parvenez pas à regarder dans les yeux sans ressentir un profond dégoût.
underco



I wanna hurt you just to hear you screaming my name.
VOICELESS SCREAMING

Ma vie n'a été qu'un immense théâtre dans lequel déséquilibre et démence étaient les principaux acteurs. J'ai voulu goûter à un plaisir que Dieu ne m'a pas accordé. Sans doute ai-je péché pour perdre ainsi ses faveurs, et aujourd'hui j'erre comme un damné, caché dans l'ombre souveraine de la mort. Ma vie aurait dû être radieuse, mais quelque part, j'augurais déjà que tout ne se passerait pas comme prévu. J'ai vécu vint-quatre ans dans la peur de voir mon château de cartes emporté par le vent, que tout s'écroule sous mes yeux ébahis. J'ai été détruit par ma propre tempête, ma propre impétuosité, sans jamais comprendre ce qu'il s'était réellement passé, trop vulnérable pour démêler le vrai du faux avec neutralité.
Il me semble que j'étais heureux. Ce n'est qu'une vague idée sans consistance, je ne sais plus si je dois faire confiance à un document que je ne me souviens pas avoir rédigé. Sans doute aurait-il été mieux que je ne prenne jamais connaissance de mon passé d'être vivant. Je l'ai dit, je ne sais pas où je suis né. Je ne l'ai jamais su, je ne sais pas quelles sont mes racines, mes origines. Je sais juste que j'ai grandi loin du soleil, à Londres, là où il pleut incessamment. Si le ciel pleurait à longueur de journée, ce n'était pas mon cas. Je n'ai jamais su pourquoi, mais j'ai été élevé dans une famille d'accueil. Plutôt aisée, alors je ne me suis vraisemblablement jamais plaint de mon sort. Mais je crois qu'il m'a toujours manqué quelque chose. Je ne sais pas trop quoi. J'avais perpétuellement ce sentiment de vide déchirant qui se creusait dans mon ventre. Je n'aimais pas ça. Mais je vivais avec. De toute façon, mon premier handicap n'a pas trop tardé à se révéler à moi, et d'une façon plus accablante que je ne l'aurais imaginé. Ce n'est pas tout.
J'ai toujours aimé la peinture. Mais je me désolais de l'absence de coloris réellement jolis. Quand mon pinceau rencontrait la toile, c'était à ce moment que mon état de profond malaise s'accentuait le plus. Mes tripes se nouaient. Les couleurs avaient toujours été délavées, sans saveur visuelle. Pour moi, cette fadeur était normale. J'en avais l'habitude. Je n'envisageais pas que cela puisse en être autrement. Mais je n'aimais pas cette façon de voir la vie, cependant. Je pensais m'être trouvé une vocation. J'étais toujours plutôt satisfait de mes résultats. Mais c'est lorsque mon père adoptif éclata de rire en voyant une de mes peintures supposée représenter une ruelle que je commençai à me poser des questions. Je ne comprenais pas la raison de cette hilarité, mais elle était bien simple : mes rues étaient d'une couleur pourpre. Je m'efforçai de rire, mais au fond de moi, je sentais que j'étais profondément meurtri. Ce n'est que bien plus tard que mon daltonisme s'est imposé à moi comme une barre de fer au milieu d'un champ.
Je n'étais pas capable de percevoir la moindre différence entre le bleu et le violet. Plus le temps passait et plus mes étalements douteux de peinture sur la toile s'abstrayaient. Pour les autres, cela ne ressemblait à rien. J'avais l'impression d'être le seul à y percevoir des formes, des symboles. Je n'ai jamais compris. Et puis. Il y a eu cette chose qui a confirmé mon handicap. J'avais toujours trouvé surprenant la façon dont mon père adoptif s'extasiait devant la beauté des arcs-en-ciel qui s'exhibaient au milieu des dernières traces de pluie. Je n'y voyais que deux bandes, une jaune et une bleue, relativement pâles et affreusement fades. Tous ces accumulations finirent par soulever les soupçons. Je me souviens encore de la peine sur le visage de mon père lorsqu'il avait posé sa main crispée sur mon épaule, et des sensations que ce contact m'avait procuré. Sa bouche arquée vers le bas m'avait fait déglutir avec effroi.
Je suis un daltonien protanope. Je ne perçois ni le rouge ni ses nuances : cela m'a fermé un nombre incalculable de portes. Je sais bien que cela ne m'empêcherait pas de vivre normalement, j'en gardais cependant un goût amer et nauséeux en bouche pendant un certain temps.
Se sont poursuivis une avalanche d'événements qui m'indifféraient tant que je n'y réagissais qu'avec langueur. Je trouvais ce défilement de futilités si désabusant que je ne vivais plus. Je ne mangeais que très peu. Je dormais peu. Je ne me levais plus le matin. Plus rien ne semblait m'intéresser. Je me disais que ma vie aurait pu être bien plus douce si j'étais né ailleurs. Je ne sais même pas où je suis né ! Peut-être même est-ce ailleurs que je suis né. Ce serait si ironique.

Et puis Elle est arrivée dans ma vie. Croyez-le ou non, mais c'est à compter de l'instant où nos regards se sont croisés à bride abattue que la vraie vie a commencé.
Je me souviens encore de chaque trait de son joli visage d'un parfait rond. J'ai encore les courbes de ses petites lèvres souriantes ancrées dans ma mémoire. Son image m'aura poursuivi jusqu'à ma mort. Elle était ma muse, mon idéale. Je sens encore son corps contre le mien, nos deux coeurs battant à l'unisson. Elle n'était âgée que d'un an de plus que moi, et je ne me rappelle plus très bien comment nous nous sommes connus. Je peux dire cependant qu'elle était fille d'une famille très pauvre, peut-être même trop. Elle était pourtant si belle, si rayonnante, elle ne pouvait pas être une simple paysanne à mes yeux. Je la trouvais intelligente. Cultivée. Je n'en revenais pas quand je l'écoutais parler. Il y avait tant de choses que je ne connaissais pas et qui lui paraissaient évidentes, malgré nos importantes différences sociales. Je ne lui voyais aucun défaut. Je devais être aveuglé par l'amour, qui sait ? Tout devenait si beau, si sublime, quand elle était près de moi. J'oubliais la laideur du monde que mes yeux m'offraient, je ne voyais plus qu'elle, sa silhouette radieuse, et son visage si finement ciselé. Elle était parfaite.

Cynthia.
Elle n'avait aucun problème de vue. Quelle chance elle avait, je me disais. Un jour elle eut l'idée de me faire peindre les yeux bandés. Je fus surpris de cette proposition, étant donné que je n'avais plus touché un pinceau depuis longtemps. Je devais avoir seize ans, à l'époque. J'étais encore trop naïf et trop amoureux pour ne pas céder à son petit caprice. Mais je me rendis vite compte de son but : elle voulait devenir mes yeux et me faire représenter les choses instinctivement. Elle choisirait les couleurs pour moi. Nos résultats n'étaient pas toujours un succès, cependant je sentais renaître en moi le goût de la peinture. Pour moi rien n'était plus délicieux que d'être près d'elle. J'aimais tout ce qu'elle aimait. Je me pliais à tous ses désirs. J'avais même tendance à agir en fonction d'elle. Rien ni personne n'aurait pu prendre autant de place qu'elle dans ma vie. J'étais heureux. Si heureux.

Cynthia...
Je t'aime...
Il était indéniable que nous filions le parfait amour, je me sentais si fier lorsque les passants nous lorgnaient avec admiration dans les bras l'un de l'autre. Mais je dûs partir en Amérique pour continuer mes études. On ne me laissa pas le choix. Elle ne put me suivre. La séparation fut déchirante mais je me consolais en pensant que nos retrouvailles n'en seraient que meilleures. Je ne m'imaginais pas à quel point je me trompais à l'époque. Il serait très enrichissant d'aller étudier à l'étranger, pour moi. Je m'efforçai de ne pas grimacer exagérément lorsque je la vis pour la dernière fois avant d'embarquer sur le paquebot. Cette fois-là fut la dernière de toutes. Ou peut-être pas...
Nos échanges de lettres furent si nombreux que je ne compte plus le nombre de folles déclarations d'amour qu'elles contenaient. Chacune de ses lettres diffusait ce délicieux et exotique parfum qui était le sien. Rien n'aurait valu sa présence à mes côtés. Rien n'aurait été plus beau. Une année s'écoula tranquillement, laissant notre passion ardente se développer avec le temps et malgré la distance. Ma vie fleurissait comme jamais. Je m'imaginais l'avenir le plus radieux qui soit. Pourtant.
Les six années qui suivirent furent les pires de toutes.
Tout commença lorsque je trouvai un petit bout de papier froissé au fond d'une enveloppe à mon adresse. Un détail me perturba avant que je ne considère le sens de ses mots : ma belle ne s'était pas appliquée dans le pliage de la lettre et son écriture habituellement si joliment courbée, était ici alambiquée, déstructurée, négligée. Je n'y distinguais pas ses manières et je n'aurais pas cru que cette lettre avait été écrite de sa main si elle ne dégageait pas ce parfum que je reconnaissais sans le moindre flottement. Puis ma main se crispa lorsque je me mis à décrocher chaque mot, les analyser pour enfin me retrouver dans un état d'effervescence virulente. Rien n'aurait été plus laid.

Tout est fini, Neils.
Elle ne répondit plus à aucune de mes lettres, dans lesquelles je demandais sans cesse des explications. Une peine, une déchirure. Je ne saurais trouver les mots pour expliquer mes sentiments à cet instant. Pendant des années, je suis resté perdu dans ma douleur et mon incompréhension. Quoi de plus horrible ? Je ne pensais pas que je le découvrirais plus tard. Ne m'aimait-elle plus ? Avait-elle un autre homme dans sa vie ? Ou bien était-ce la distance ? Mes questions se multipliaient dans ma tête au gré du temps. Ce fut comme si plus rien n'existait. Je noyais ma peine dans mes études. Mais elle me revenait tout le temps en tête, comme attirée par une force gravitationnelle trop puissante pour moi. Perdu dans les méandres de mon esprit mélancolique, je sombrais presque. Fort heureusement, le temps passa et je touchai la fin de mes études : je finis par rentrer en Angleterre.
À mon arrivée, je la cherchai dans la foule. Dès que j'aperçus un bout de terre au milieu de l'océan qui s'étendait à perte de vue, je me disais qu'elle était peut-être parmi tous ces gens qui attendaient le retour de leurs proches, ou je ne sais quoi d'autre. Que ma famille soit là, cela ne m'importait guère, tout ce dont j'avais besoin c'était de sa présence. Je voulais comprendre pourquoi elle avait subitement décidé de me quitter sans m'en expliquer la cause. J'avais besoin de lui parler. De mettre les choses au clair. Je sentais que ma vie ne pourrait pas continuer comme avant si je n'allégeais pas mon coeur rempli d'incompréhension. J'avais peur d'entendre sa réponse. À ma grande déception, je ne la trouvai pas. Mes parents et mes demi-frères étaient tous présents, heureux de me retrouver. Je l'étais aussi. Mais je ne souriais pas. Je n'y parvenais pas. Lorsque je commençai à parler de Cynthia, à leur demander s'ils avaient des nouvelles, ils changèrent immédiatement de sujet. Je ne suis jamais parvenu à leur soutirer la moindre information, c'était comme s'ils fuyaient la corvée de devoir m'annoncer quelque chose d'important. Je craignais le pire.
Les mois sont passés, me plongeant toujours un peu plus dans l'indifférence. Sans elle, j'étais un peu le ying sans son yang. J'avais du mal à trouver du travail, à cause de mon cruel manque de dynamisme. Je devais avoir vingt-quatre ans. Oui, c'est bien cela. Il me semble que cette année a été riche en surprise, en malheur, et je crois même que c'est à ce moment-là que ma vie s'est écroulée et réduite en un tas de cendres. Je ne sais plus trop. Je me souviens juste d'une journée particulière de cette année 1906 qui a définitivement détruit mon coeur déjà consumé.
Je sentais que ce jour n'était pas fait pour moi. Que je n'aurais pas dû sortir et rester cloîtré au lit. Un ami d'enfance m'avait proposé de me présenter à un très riche gérant qui avait beaucoup de relations, afin de trouver de quoi me faire gagner mon pain. Je ne pourrais pas vivre indéfiniment chez mes parents et sans le moindre revenu, je le savais bien. Cependant, je n'étais toujours pas motivé. Si j'ai accepté, c'est après d'interminables protestations d'amitié de sa part. De plus, je savais bien que les employeurs étaient toujours réticents à engager des daltoniens. Je les avais pourtant tous assurés que cela ne me poserait aucun problème, mais les négociations n'avaient visiblement pas été de grands succès. Le matin en me levant, j'avançais lentement vers la glace, le visage blême, affligeant. J'y voyais l'homme désolant que j'étais devenu. Je lisais la mélancolie sur mes traits. Mes parents m'avaient trouvé méconnaissable à mon retour, et c'était bien compréhensible. Je grimaçai. J'étais profondément désenchanté. Et la coupure que je m'infligeai en me rasant me certifia que la journée allait être mauvaise.
Plus tard dans la matinée, je rejoins mon ami qui me mena jusqu'à un lieu quelque peu inattendu : une léproserie. J'avais toujours été horrifié par ce genre d'endroit. Je suppose que c'était ici que nous pourrions retrouver mon potentiel futur employeur. J'espérais que je réussirais cette fois-ci, et mon ami me soutenait de tout coeur. Il m'intima l'ordre de le suivre, et je m'exécutai. À l'intérieur, l'ambiance était affreusement glauque. Nous avons dû traverser plusieurs salles : d'abord du côté des hommes, sur lesquels la maladie était déjà sévèrement développée. Les enfants eux, se réfugiaient dans les coins, tremblant, serrés les uns contre les autres. Ce spectacle faisait peine à voir. Puis nous passâmes du côté des femmes. Dès qu'elles entendirent nos pas, elle se précipitèrent toutes vers le mur, nous tournant le dos pour ne pas nous montrer leurs visages mutilés qu'elles cachaient avec leurs mains. Mon regard eu la malchance de se poser sur l'une des femmes en particulier.

Tu te souviens, Neils ?
Je m'étais arrêté, je la regardai longuement. De dos, elle était très belle. Je dénotais avant tout la finesse de sa silhouette, ses beaux cheveux bruns bouclés d'une épaisseur remarquable. Ils recouvraient ses frêles épaules arrondies, si fines, si blanches. Elle n'était pas très grande. Je me disais que c'était un véritable gâchis qu'une femme au physique si avantageux se retrouve ici. Les autres me paraissaient laides à côté de cette beauté lépreuse. Je ne voyais pas leurs visages, je ne pouvais donc pas porter de jugement si hâtif. Je m'étonnais cependant de trouver une silhouette si parfaite en ces lieux. Et puis. Quelque chose me bouleversa. Je me souvenais de ces hanches si délicates que j'aimais tellement enlacer. Je me souvenais de ses frissons lorsque je m'approchais d'elle par derrière, posant mes mains sur sa taille. Je me rappelle de son sourire éblouissant qu'aucune fable ni poésie n'aurait pu dépeindre.
Une bouffée de chaleur m'envahit soudainement. Je restai immobile. Je sentis un trou béant se creuser dans mon ventre. Plus je la regardais et plus je me sentais mal. Quelque chose hurlait en moi. Une voix. Non, plusieurs. Une cacophonie de hurlements déchirants proliférait dans toute ma tête. Et puis au milieu de ce chaos, j'entendais un écho, un son, des paroles dont je me souvenais comme si elle les avait prononcé la veille.

« Cynthia ? »

Moi je n'ai pas oublié notre promesse, mon ange...
Mes jambes devinrent molles. J'avais la sensation que ma bouche s'était emplie de sable tant elle était sèche. Je me sentais aspiré dans un gouffre sans fond où le désespoir profond était maître. Mon corps fut traversé de violentes convulsions, d'un seul regard j'avais senti renaître la fraicheur de mes souvenirs et l'horreur du moment que je vivais à cet instant.
Soudainement, la main de mon ami se posa sur mon épaule et me ramena douloureusement à la réalité. Je sursautai. Il semblait s'inquiéter. Je lui affirmai qu'il n'y avait pas de quoi, articulant difficilement mes mots. Je transpirais. J'étais mal à l'aise. Une affreuse migraine s'était emparé de moi. Je posais mon regard au sol. J'entendis des sanglots. À peine audibles, mais suffisamment pour mon ouïe raffinée. Elle pleurait. Elle tentait de le cacher, mais sans doute savait-elle que c'était moi. Elle devait m'avoir entendu prononcer son prénom. Elle avait dû reconnaitre ma voix. Mon coeur avait toujours été sensible au sien. Ses pleurs le firent cogner violemment contre ma poitrine. Peut-être même trop. J'entendais la voix de mon ami me poser mille questions, puis elle s'estompa jusqu'à ce que je n'entende plus rien. Je finis par faire un malaise et m'écrouler au milieu du couloir. Ce fut ma première et ma dernière visite à la léproserie...

JE T'AIMERAI TOUJOURS !
La suite serait bien trop sombre à raconter en détails. Je ne peux même pas dire qu'il y a eu une suite. Ma vie s'est arrêté là. Je perdis toute notion de raison après cette vision cauchemardesque, je restais en permanence enfermé et loin de tout, réfléchissant au but de ma vie. J'alternais entre haine et indifférence, je balançais mes affaires dans les murs, cassais les vitres, détruisais tout ce qui me tombait sous la main. Et des fois je m'apitoyais sur mon sort en songeant à me faire curé et vivre loin de tous les péchés. Je n'étais plus moi-même. Je commençais même à me demander qui j'étais. Je me questionnais sur ce genre de choses si fondamentales que j'aurais dû savoir depuis une vingtaine d'années.
Je ne vivais plus. Je n'existais plus. J'avais envie de mourir. Plus que jamais. Les autres personnes me répugnaient. Je suis devenu si antipathique que j'aurais même pu insulter Cynthia à la moindre évocation de son nom. Je détestais tout le monde. Je détestais les femmes. Je détestais tout ce qui pouvait me contrarier d'une manière ou d'une autre. Je me détestais moi-même. Je me suis détruit en voulant me créé une idylle. J'ai trop rêvé et j'ai oublié la réalité. Mes insupportables réflexions et la torture mentale que je m'infligeais me menèrent à une tentative de suicide. Ce fut un échec, bien entendu. J'ai fini dans un asile de malades, comme un pauvre chien galeux destiné à crever la gueule ouverte dans le caniveau. J'ai empilé les tentatives de suicide ratées, et une fois à court d'idée, je me suis dit que j'allais m'enfuir et errer comme une âme en peine. Mais il y a eu cet événement, là.
Et je me suis éteint dans une jouissance étrange.


When I died - Comment je suis mort ? Ce serait trop drôle à raconter. Je jouis rien que d'y penser... Une hécatombe. On peut dire que le terme reprend avec exactitude ce qu'il s'est passé ce jour-là. Oui, une extermination, une boucherie, je ne sais quoi d'autre, mais je crois bien que ce jour-là fut l'un des plus beaux de ma vie. D'une certaine façon. Je n'étais plus qu'un débris social à jeter comme une vieille capote usagée, je n'étais plus rien. J'avais perdu ma raison. Ma raison de vivre. Et ma raison tout court d'ailleurs. Depuis le début je savais que cet asile pourri serait ma tombe. Il n'y avait pas d'autre issue à ma misérable vie. Plus rien ne m'y rattachais.
Je ne sais pas à quel moment de la journée c'est arrivé. Je ne sais même plus en quelle année nous étions, ni à quel âge je suis mort. J'ai perdu toute notion du temps. Je n'étais qu'un bout de bois mort prêt à être jeté au feu. Ce jour-là, je me suis levé de mon lit pour la première fois depuis longtemps. J'avais la main posée sur le coeur, je voulais le sentir battre dans ma poitrine. Je crois bien que je m'étais énervé contre un de mes semblables quelques minutes plus tôt, pour une raison qui m'échappe. J'avais l'habitude de pourrir la vie de mes colocataires, si l'on peut appeler ça comme ça. Je ne le faisais pas exprès. C'était devenu ma nature.
Vous savez, quelque part, l'homme craint le feu. Il se l'est approprié au fil du temps, mais un être humain ne pourra jamais exercer une parfaite domination sur un élément de la nature. Je l'avais bien compris. J'étais seul au milieu d'un des innombrables couloirs de l'asile, perdu dans ma folie, plus égaré dans les méandres de mon esprit que dans ce labyrinthe. Et puis j'ai entendu des cris. Je sentais la panique se diffuser dans l'atmosphère. Les hommes sont sans cesse effrayés. Ils tiennent à la vie, je crois. Ce doit être cela. Je ressentais une profonde indifférence à l'égard de tout cela. Et une désagréable sensation olfactive de fumée. Le feu dévore les infrastructures à une vitesse folle, plus qu'on ne l'imagine. Je n'ai même pas cherché à le fuir. Je n'ai pas cherché à repousser l'instant où il m'attraperait. Je me suis adossé au mur derrière moi, me laissant glisser jusqu'au sol avec langueur. J'étais amorphe, mon corps flasque se laissait emporter par la force gravitationnelle. Mes muscles s'étaient tous endormis. Je fixais le bout du couloir, avec un air passif qui masquait mes pensées, les pupilles dilatées d'excitation. Et comme un coup de fouet, les flammes sont arrivées, et je me suis offert à elles. Elles se sont ruées sur moi comme une bête affamée, me piégeant entre leurs bras ardents. Soudainement, mes muscles se sont contractés, alors que le feu dévorait ma chair, dissolvait mes vêtements, incendiait mes cheveux. Mes pupilles se dilatèrent tant que mes iris y disparurent. Elles tremblaient. Je voyais ces flammes jaunâtres m'étreindre avec fureur, me calciner. Mon coeur continuait de battre au milieu des flammes. Je n'entendais plus les hurlements. Je ne sentais plus rien. Je ne le voulais plus. Ma bouche s'arqua difficilement pour former un semblant de sourire. J'étais heureux. J'aurais bien hurlé moi aussi, hurlé de bonheur, si les flammes ne m'avaient pas déjà incinéré la gorge. Je suis mort quelques secondes après, alors que mon coeur commençait à se consumer. Ma dernière pensée ne fut même pas adressée à ma douce. Je n'avais qu'un grand trou noir dans la tête, du néant. Je crois que rien ni personne ne m'avait procuré autant de plaisir que le feu ne l'a fait ce jour-là...
Revivre ça, dites-vous ? Mais je n'attends que cela, chère mademoiselle...


Impulse - Mon réveil a été surprenant... le croyez-vous ? Je suppose qu'un esprit humain vulnérable ne peut réaliser ce que cela fait de revenir d'entre les morts. Oublier tout ce qui a pu se passer. Et puis.
Se souvenir. Tout d'un coup.
J'ai toujours su que la vie était un mensonge. Une sale plaisanterie. Et quand vous êtes morts, à votre avis, qu'est-ce que c'est la vie ? Sans doute ne me comprenez-vous pas. Difficile de prendre au sérieux quelqu'un qui est censé ne plus exister. Quelqu'un dont la rancoeur a été nourrie par le temps et l'impatience de voir la mort arriver. Maintenant, mon souhait s'est réalisé. Mais je n'en suis pas satisfait. Si je regrette d'être mort aussi ridiculement ? Ne me faites donc pas rire. Ce n'est pas comme si j'avais le souvenir d'avoir vécu un jour..!
Je me suis juste réveillé, totalement vide de sentiments. Peut-être bien que c'était là que je suis mort. À cet endroit précis. Je saurai difficilement vous faire part de mes impressions, car dorénavant il semblerait que sadisme et machiavélisme soient mes seuls maîtres. Les incontestables souverains de ce qu'il reste de Neils. Je me suis senti perdu, égaré, ma peur confinée dans l'ombre de la terreur que j'inspire aux autres. Je n'ai jamais voulu montrer à quel point je fus transporté d'effroi lorsque je me suis réveillé, je ne me l'expliquais pas. Je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait et je suis d'un genre vulnérable qui courbe l'échine face à toute puissance inconnue ou supérieure... sauf peut-être une. Croyez-vous sincèrement que je respecte ce cornichon de directeur qui ne demande qu'à se faire plumer ? ... Non.. on peut dire que mis à part cette simplette petite broutille, je suis quelqu'un de remarquablement réceptif, et si je terrorise les patients, c'est bien parce qu'au fond, moi aussi, je ressens une sorte de peur. Ironie du sort, n'est-ce pas... Supportez-vous qu'une quelconque notion échappe à votre science ? Ne pas savoir ce qu'il se passait à cet instant m'a irrité comme du poil à gratter. Oui, la comparaison convient très bien à mon humble avis. Et pourtant j'ai ri. J'étais effrayé. Mais heureux. Quelque part, c'est étrange. Ressentir tant de choses qui s'opposent totalement au même moment, c'est très troublant. Je suis retombé à un état primitif, rampant à terre, un vide sidéral dans la tête. Il ne serait pas à votre portée de démêler la totale confusion qui s'y faisait, aussi intelligent puissiez-vous être. Je ne suis plus un être humain. Je ne me qualifie même pas de bestial. Je suis une sorte de monstre caché derrière un esprit humain. Être mort une fois suffit à démolir toute votre raison, surtout lorsqu'elle s'était déjà bien émiettée. Pensez-vous que j'ai tort ? Probablement ! Il est indéniable que cela s'applique dans mon cas, de toute façon. Mais que peuvent y comprendre ces humains vivants ? Après tout, il ne sont pas encore morts eux, pour le moment... et lorsque ma confusion se dissipa, ce fut la première idée qui germa dans mon esprit perfide et hostile.
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Neils Jacobsen [underco]

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